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Les avions aggravent-ils l'effet de serre ?
Les avions aggravent l'effet de serre, c'est ce que développe un article de la revue science et vie dans son numéro 1052 de mai 2005 à la page 107. Phénomène négligé jusqu'à présent mais de plus en plus réel, vu l'augmentation inexorable du trafic aérien.
En effet, nous n'avons pas l'habitude de regarder le ciel à longueur de journée, mais si l'on prête attention à la présence des traînées d'avion, on peut réaliser subitement que quelque chose est en train de se passer au dessus de nos têtes. Il s'agit d'abord de chimie : un avion dégage du CO2, des oxydes d'azote, des sulfates, de la suie et de la vapeur d'eau, pas seulement de la vapeur d'eau !
Pas difficile d'apercevoir un avion à haute altitude, il en passe des milliers tous les jours, sa présence est d'abord visible par une traînée de condensation blanche. Cette traînée se développe peu à peu, pour devenir un véritable nuage, un cirrus vers les 10 000 à 12 000 mètres d'altitude, justement dans une couche très sensible dans le phénomène de l'effet de serre.
Sur cette photographie, on distingue des anciennes traînées et peu à peu, au fur et à mesure de la journée le ciel est couvert d'un voile sur toute son étendue : des nuages fins de haute altitude générateurs de l'effet de serre. La lumière solaire passe au travers de ce voile, et réchauffe la terre, qui a son tour émet des rayons infrarouges vers le ciel. Mais, les cirrus empêchent les infrarouges de quitter l'atmosphère, La terre se réchauffe c'est l'effet de serre.
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Un seul avion peut former un nuage de 11
000 kilomètres carrés pendant plusieurs heures, il passe
environ
25 000 avions par
jour au dessus de la France, faites le calcul. Il faut
aussi ajouter, les cirrus d'origine naturelle
qui suivent
les variations atmosphériques.
Les traînées se forment en présence d'air froid et humide, ils sont plus fréquents en hiver qu'en été. Les avions créent non seulement des traînées mais aussi des cirrus, car ils apportent des noyaux de condensation, qui déclenchent la formation des cristaux de glace dont les cirrus sont composés.
On remarque donc, que la traînée au lieu de disparaître, s'élargit et évolue en cirrus. Les poussières qui fournissent les noyaux de condensation, agissent à retardement, et peuvent créer des cirrus dans d'autres zones qui seraient à priori moins saturées en trafic aérien.
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photos : Alain F6AGV
Les poussières peuvent voyager plusieurs jours, sans rien produire et servir plus tard suivant les conditions météo à former des noyaux de condensation, donc des cirrus. Difficile dans ces conditions de faire des observations entre les cirrus "naturels" et ceux produits par les avions.
Reste à simuler, à analyser les données avec des ordinateurs, à installer des satellites d'observation géostationnaires. Des accroissements de 1 à 2 % par décennie de l'étendue de cirrus seraient observés pour l' Europe. La croissance exponentielle du trafic aérien va faire qu'à la longue les valeurs des émissions de CO2 ne seront plus du tout négligeables et même insupportables. Le transport aérien est déjà, le moyen de transport qui émet le plus de CO2 dans l'air, bien plus que l'automobile.
Que faire ? Réduire la consommation des avions en carburant. Améliorer les moteurs, l'aérodynamique, réduire les masses des avions en utilisant de nouveaux matériaux plus légers. Augmenter la capacité des avions, propulser avec des moteurs à hydrogène (qui n'existent pas), réduire le nombre de vols, moins de tourisme ou de voyages d'affaire, baisser l'altitude de croisière...
Pour cette dernière hypothèse, il y aurait moins de formation de cirrus mais plus de consommation donc, plus de production de C02. Les choses ne sont pas simples. Il faut faire un bilan complet avec tous les paramètres.
Enfin, la météo devrait fournir les cartes des zones à éviter plus particulièrement les zones froides et humides. Elle le fait déjà très bien avec les zones de turbulence, les orages et des cumulo-nimbus.
Pour terminer provisoirement ce chapitre, qui a rapport à l'effet de serre, aux cirrus et aux avions, il faut dire que le transport aérien échappe encore aujourd'hui aux accords de Kyoto. Qui émet le CO2 ?
La taxation et le prix du kérosène , le contrôle de la quantité d'émission de CO2 de chaque moyen de transport et la fin annoncée dans quelques décennies de la ressource en pétrole, font que beaucoup de questions se posent sur l'avenir de l'aviation civile sous sa forme actuelle. Ne pourrait-on pas revenir au transport par dirigeables, plus lent mais peu polluant ou concevoir des avions et ballons solaires ?
Ces solutions sont déjà proposées et mises en œuvre avec succès.
documentation,
bibliographie, ouvrages, livres et articles utilisés pour
établir les pages :